Paul-Laurent Assoun


Psychanalyste, Professeur émérite de psychopathologie et psychanalyse à l’Université Paris 7 Denis Diderot, membre d’Espace Analytique, directeur de plusieurs collections chez plusieurs éditeurs, auteur entre autres de :
Réédition des Leçons psychanalytiques sur Le Regard et La Voix (3° édition), Corps et Symptômes, L’angoisse (5° édition)
Dictionnaire des Œuvres Psychanalytiques
Réédition de Préjudice et Idéal
L’avenir d’une illusion de Freud, dir. collection Psychanalyse et Religions au Cerf, première édition critique et commentée des œuvres de Freud, traduite par Claire Gillie
Prochaine sortie de L’illusion d’un avenir (confrontation amicale avec Freud), première édition critique et commentée, traduite par Claire Gillie, en octobre 2014
Traité sur l’excitation, PUF


Anamorphoses vocales ; la voix et ses semblants

 

Qu’est-ce que la voix a à faire avec le trompe-l’œil ? Y aurait-il un « trompe-l’ oreille » ? La voix, cet insonore résonnant, n’est-elle pas bien plutôt semblant par définition ? Ce paradoxe fécond de l’inconscient vocal nous incitera à explorer la transcription de l’anamorphose, effet d’optique sophistiqué, ordre caché dans le désordre de l’image, jusqu’en ses effets esthétiques, pour en éclairer le registre vocal. Trajet qui, partant du mimétisme vocal, nous amènera à la ventriloquie, en culminant dans le porte-voix divin du prophète, qui renvoie au « qui parle ? » Moment d’épiphanie vocale qui fait que la voix touche au sublime. Mais la Diva, élue prophétesse par ses mélomanes, n’est-elle pas une voix déguisée en femme, métonymie vocale ?

On suivra ainsi la translocation vocale, de l’oracle à l’hallucination vocale – terme quasiment pléonastique, dans la mesure où une aura hallucinatoire entoure toute émission vocale, ce qui se révèle dans l’écho. En ces diverses conjonctures, imaginaires et symboliques, l’on ne sait plus qui ni d’où ça parle -- « bouche d’ombre » de l’Autre qui recrache des oracles. De la contrefaçon à la sublimation, la voix affirme son être réel par son semblant, que l’on se gardera de confondre avec les faux-semblants, car le semblant vocal soutient le réel, nommément celui de la castration. La voix ne cause le désir qu’à se faire prendre pour une autre.

Mentions légales